La Sologne et ses dangers...
De longues
lignes droites et peu de circulation. Des gendarmes relativement rares, des
radars encore plus rares. Allons, ce n'est pas si souvent qu'on peut «
pousser » un peu la voiture…
Pourtant, deux dangers vous guettent, de jour comme de nuit.
Le jour, ce sont les faux-plats, hélas pas toujours bien signalés
par une bande médiane continue. Un dépassement un peu hâtif
et vous voilà dans les faits divers, à la rubrique des accidents
de la route. Comment ? Vous êtes un modèle de prudence ?
Ce sont les autres qui… OK, dans ce cas, vous pouvez limiter les risques
très simplement : roulez en code le jour, et pas seulement lorsqu’il
pleut. Ainsi, vous serez vu de loin par les automobilistes venant en sens inverse.
A fortiori si vous êtes sur un tronçon où il y a un faux-plat.
On vous fait des appels de phares ? Tant mieux ! Les autres automobilistes
penseront qu’un radar ou les gendarmes sont dans les parages et ils redoubleront
de prudence.
La nuit, le problème des faux-plats est moins critique justement parce
que nous allumons les phares. En revanche, le deuxième danger qui menace
l’automobiliste, c’est le gibier. Si vous n’êtes pas
de la région, redoublez de vigilance. Les chevreuils sont relativement
visibles la nuit du fait que leurs yeux brillent dans les phares. Ce n’est
pas le cas des sangliers. Même en étant très attentif, il
est bien facile de passer à côté sans les voir.
Enfin, si un gibier traverse brusquement devant vous, freinez mais ne cherchez
surtout pas à l’éviter en donnant un coup de volant. Dans
une telle situation, le remède est souvent pire que le mal et c’est
le meilleur moyen de vous retrouver dans le décor.
Enfin, si vous traversez souvent une région giboyeuse telle que la Sologne,
il peut être judicieux d'équiper votre véhicule de sifflets
à ultrasons.
Bref, la nuit, évitez de dépasser les 90 km/h même si la
route est belle et droite. Si un sanglier traverse la route, vous aurez le temps
de freiner. Même si la collision est inévitable, le choc sera bien
moindre et vous ne risquerez pas votre vie, même avec une petite voiture.
Et puis vos proches vous préfèrent sans doute entier plutôt
qu’en pièces détachées…
Gilles Chertier
Attention
danger ! Les piqûres de tiques.
Extrait du « Journal le petit solognot », n° 334, du 5 mai 2004
S’il y a bien une région favorable à la tique, c’est
la Sologne.
Dans notre région, elle trouve tout pour lui plaire. Des forêts,
de l’humidité et surtout beaucoup de grands animaux qui favorisent
son expansion.
La tique (de l’anglais tike), dont le vrai nom est « ixode »,
est un acarien.
Il y a différentes tiques légèrement différentes
morphologiquement.
Celle qui nous intéresse est la « tique des bois », que l’on
retrouve partout dans la nature où se trouve de la végétation
et de l’humidité comme prés, étangs, forêts
et même jusqu’aux jardins.
Les tiques se nourrissent du sang des animaux sauvages. L’homme n’est
qu’un hôte accidentel. Les tiques sont responsables d’au moins
une dizaine de pathologies humaines en France.
Les principaux vecteurs en Sologne sont les cervidés et les sangliers.
Étonnant : un cerf peut porter jusqu’à 200 tiques sur lui
et il peut nourrir (en théorie) un million de tiques par an.
Si un grand animal est porteur de la bactérie Borrelia Burgdorferi, la
tique qui s’est nourrie de son sang peut retransmettre par piqûre
cette bactérie à un être humain.
C’est cette bactérie qui, en se développant chez l’homme,
génère une infection appelée la maladie de Lyme.
Paradoxe, les animaux sauvages et domestiques sont immunisés à
cette maladie.
La maladie de Lyme n’est pas nouvelle. Elle existe depuis très
longtemps sur le continent européen, mais il semble qu’il y a quelques
dizaines d’années les cas étaient plus isolés (ou
peut-être méconnus).
Les symptômes
Il est difficile de décrire précisément ces symptômes
car la maladie de Lyme provoque des manifestations atypiques, c’est-à-dire
que beaucoup d’autres maladies affichent des symptômes similaires.
Sont récurrents : la dépression, l’épuisement, la
fatigue, la douleur des muscles et des tendons, la paralysie des membres, les
crampes, les plaques sur la peau, etc.
C’est la somme de plusieurs symptômes dont on ne trouve pas la cause
qui peut faire penser à la maladie de Lyme.
Actuellement, son expansion fulgurante est inquiétante avec un corps
médical qui se trouve quelquefois en face d’une maladie qu’il
ne connaît pas très bien.
Après une piqûre de tique, soyez extrêmement attentif à
l’évolution de l’endroit où celle-ci a eu lieu.
La manifestation la plus classique après un ou deux jours, est l’apparition
d’une zone rouge-violet de la grosseur d’une noix autour de la piqûre.
Cela ne démange pas et ne fait pas mal. Puis, après 8-10 jours,
cette rougeur s’éclaircit et laisse apparaître une auréole
pourpre dont le centre est l’endroit ou a eu lieu la piqûre proprement
dite. Ces deux manifestations sont très distinctes.
Ça, c’est la partie visible. Parallèlement, vous pouvez
souffrir de différents maux, souvent musculaires.
Dans cette hypothèse, vous devez d’urgence consulter un médecin.
Le traitement
Après une piqûre, il est très important de bien s’observer
journellement, car il est essentiel de déceler la maladie pour traiter
le plus rapidement possible l’infection aux antibiotiques que vous prescrira
votre médecin traitant.
Si cette infection n’est pas diagnostiquée et traitée vigoureusement
à ses débuts, elle va se disséminer dans tout le corps
et elle risque de sévèrement handicaper la personne atteinte.
Quand elle n’est pas perçue dans ses premiers stades, le constat
du médecin est malaisé à faire, car très souvent
le patient ne se souvient plus de sa piqûre de tique, ce qui l’aiderait
à déterminer la maladie.
Plus on laisse passer le temps, plus le traitement aux antibiotiques sera long.
Aujourd’hui il n’existe pas de vaccin contre la maladie de Lyme.
Conclusions
Certains métiers sont devenus à risques : forestiers, bûcherons,
agriculteurs, éleveurs et jardiniers. Les autres, amoureux de la nature,
chasseurs, promeneurs, campeurs, golfeurs, pêcheurs, doivent faire particulièrement
attention et s’obliger à porter des vêtements se fermant
bien aux chevilles et aux poignets. Il est important également de s’obliger
à bien s’examiner une fois déshabillé, après
une promenade dans la nature. En cas de piqûre, il va falloir enlever
la tique et bien surveiller cet endroit. Dès qu’il y a la moindre
suspicion, il faut consulter.
Comment (bien) enlever
une tique ?
Il existe pour les chiens et les chats un crochet de retrait manuel vendu en
pharmacie. Ce crochet existe en plusieurs tailles. Après expérimentation,
il semble parfaitement convenir à l’homme. Il a l’énorme
avantage d’enlever la totalité de la tête de la tique sans
laisser de résidus, ce qui supprime le risque d’infection. Sinon,
mettre une goutte d’essence sur la tique qui se décrochera toute
seule au bout d’une heure.
Il ne faut jamais arracher la tique avec la main ou avec une pince à
épiler !
Attention, n'utilisez jamais d'éther pour retirer une tique ! Cela a pour effet de multiplier les effets de la piqûre ! L'expérience (vous pouvez nous croire !) que l'idéal est la Bétadine. Frottez la tique pendant un certain temps avec un tampon d'ouate imprégné de Bétadine. Ensuite, retirez la tique à l'aide du crochet en le faisant tourner dans le sens des aiguilles d'une montre.
Les périodes dangereuses
Les maladies liées à la maladie de Lyme se rencontrent essentiellement
de mai à octobre. À cette époque, les tiques redoublent
d’activité, alors que pendant cette période les promeneurs
ont plutôt une tendance naturelle à se découvrir.
Combien de malades par an
en France ?
Aucune étude épidémiologique n’a été
faite. On estime qu’un nombre de 30 000 personnes par an sont piquées.
Comme 20 à 30 % de tiques sont porteuses de la bactérie, on peut
estimer à 6 000 le nombre de personnes infectées chaque année.
Attention aux jeunes
Les jeunes tiques ou nymphes sont difficilement visibles sur la peau. Elles
sont minuscules (comme une tête d’épingle), donc plus dangereuses
et leurs morsures passent souvent inaperçues. Elles sont responsables
de 80 % des cas de la maladie de Lyme.
Alain Philippe.